Jeune photographe parisien, Gaspard explore la photographie argentique sous le pseudonyme @cavabarder_ . Il nous emmène avec lui dans son quotidien rythmé par les paysages de la capitale (mais pas que) et surtout, ses soirées. Au risque de vous rendre un peu nostalgique du temps où nous pouvions sortir toute la nuit, Slim vous propose de découvrir ses clichés pleins d’énergie.

Peux-tu présenter un peu ton parcours ?

Alors je m’appelle Gaspard, j’ai 22 ans et je suis né à Paris. J’ai une licence en information et communication et je suis actuellement en master 2 Marketing musical et direction artistique.

– Gaspard

Comment et pourquoi as-tu commencé la photographie ?

J’ai commencé la photographie il y 4 ans, en 2017. J’ai retrouvé un vieil appareil photo argentique qui appartenait à ma mère et j’ai décidé de m’y mettre. C’était un Olympus compact MJU II. J’ai réalisé 95% de mes photos avec cet appareil.

N’ayant pas fait d’études de photographie, peux-tu expliquer comment tu as développé ta pratique ?

Depuis tout petit j’ai toujours été intéressé par l’image, et particulièrement la photographie. J’empruntais l’appareil photo de mon père pour faire des photos lors de nos différents voyages.
Et au moment où j’ai retrouvé l’appareil photo de ma mère, des amis à moi faisaient déjà de l’argentique depuis plusieurs années. Ils m’ont poussé à m’y mettre. J’aimais beaucoup le rendu de leurs photos. C’était l’occasion.

Pourquoi uniquement la pratique de l’argentique ? Qu’est-ce-que ce support apporte à tes photographies ?

Je trouve que l’argentique apporte un rendu unique à la photo qu’on ne retrouvera jamais avec un appareil numérique. Lorsqu’on fait une photo à l’argentique, on a une seule chance: ça passe ou ça casse. Et on ne sait jamais exactement si la photo sera réussie ou non et surtout si elle ressemblera à ce que l’on avait imaginé. Il y a toujours une part de suspens que je trouve super intéressante. L’attente avant de découvrir les clichés est toujours excitante.

De plus, je trouve que l’argentique crée vraiment un souvenir. C’est une véritable pause dans le temps. Cette sensation est beaucoup plus marquée qu’avec un appareil numérique ou un téléphone portable avec lesquels on peut enchainer les clichés jusqu’à en avoir un parfait.

As-tu un/des sujet(s) de prédilection quand tu prends tes photos ?

Je n’ai pas vraiment de sujet de prédilection. Je suis mon instinct. Je prends des photos de ce qui m’entoure. Mon quotidien, mes amis, des scènes de vie, les gens que je rencontre, les soirées auxquelles je vais… il n’y a jamais de sujet précis. Indirectement, les photos que je prends reflètent un peu ma personnalité et ma vision de voir les choses

J’ai toujours mon appareil photo sur moi. Dès que quelque chose m’inspire, je le sors et je prends une photo.
J’essaye que mes photos soient le plus naturelles possible. Moins la photo est posée plus les émotions ou les sentiments qui s’en dégagent seront perçus par ceux qui la voient. Ils pourront alors s’identifier ou tout simplement ressentir ce qui se dégage de la scène que j’ai photographié. C’est un peu mon objectif. Immortaliser le moment tel que je le vois et le vis.

Il y a beaucoup de flou, de mouvement dans tes photos. On ressent une énergie qui est assez impressionnante. Qu’est-ce que tu essayes de montrer avec cette ambiance ?

C’est sûrement dû au côté instinctif de mes photos et au fait que je suis souvent en mouvement quand je les prends. C’est des photos « d’action ». Aucune n’est préparée à l’avance.
Si je suis inspiré, je prends la photo. On verra le résultat ensuite.
À travers ces photos j’essaye de transmettre les émotions, l’ambiance, l’état d’esprit de ce qui se passe devant mon objectif.

J’essaye au maximum de capturer l’âme, la connexion d’un moment partagé.

Peux-tu, en guise de conclusion, prendre une ou plusieurs des photos que tu présentes et la/les décrire ? Peux-tu nous dire pourquoi cet instant ? Ce que tu as ressenti et ce qui t’a inspiré ?

J’ai décidé de présenter 3 types de photo que j’apprécient particulièrement, que ce soit par ce que la photo dégage, ou bien le souvenir de ce moment.

Mon premier choix est un « triptyque » de 3 photos prisent lors d’une soirée organisée par le collectif « La Créole ». Les gens dansaient partout, s’embrassaient, rigolaient… La joie de vivre et la bonne humeur étaient partout. Sur le moment je n’ai pas réfléchi à la photo que j’allais prendre. J’avais mon appareil dans la main et lorsque j’ai vu ces deux personnes danser devant moi j’ai directement voulu immortaliser ce moment sans vraiment savoir si les photos allaient bien rendre avec les lumières, le mouvement… Lorsque j’ai récupéré ma pellicule et que je les ai vu, super content. Elles reflétaient parfaitement l’ambiance de la soirée, les sourires sont présents, la joie des personnes, la chaleur, les corps en mouvement. Ces trois photos font parties de mes photos préférées que ce soit par ce qu’elles reflètent, le souvenir de ce moment qu’elles m’évoquent et surtout la nostalgie de ces soirées en cette période compliquée. 

Mon second est une photo prise lors d’un week à Londres où avec un ami, nous réalisions un clip pour @Kizichivas et @Dups.lh. Nous étions en train de tourner une scène dans un appartement. J’ai alors proposé de faire une photo sur la terrasse en travaux. Je voulais garder ce côté sombre, mystérieux et ne pas mettre mon flash pour que les lumières de la ville au fond restent visibles. J’ai seulement utilisé mon flash de téléphone pour que les cagoules et les yeux prédominent. L’aspect final flou et les couleurs reflètent parfaitement l’ambiance de cet instant.

Mon dernier choix se tourne vers un thème assez présent dans mes photos. Mes amis qui sont très importants pour moi. Je l’ai réalisé pendant une séance de tattoo maison. Les couleurs et la lumière de cette photo me font penser à un tableau de la Renaissance et non à une photo.

 

Rédactrice : Nina Boulet Gigliesi

Crédits : Gaspard alias @cavabarder_