Réalisateur: Steven Spielberg

Acteurs principaux: Leonardo Dicaprio, Tom Hanks, Amy Adams, Christopher Walken

Si les scénaristes de films policiers venaient à manquer d’imagination, ils pourraient s’inspirer d’une ou de plusieurs vies qu’a eues Frank Abagnale. C’est ce qu’a fait Jeff Nathanson sous la houlette de Steven Spielberg qui parvient à mettre en récit une histoire qui, si elle n’était pas vraie, paraîtrait hallucinante. Tantôt pilote de ligne, médecin, avocat, Frank change de métier autant qu’il change de nom. Cette manipulation dantesque, une des plus grosses affaires d’escroquerie que le FBI eut à traiter, s’opéra par Abagnale en personne, qui, en plus de ses talents d’expressivité, s’avérait être un redoutable falsificateur de chèques de banque. Bilan de la fraude : près de trois millions de dollars et une cabale qui va durer pendant cinq ans. Pour Dicaprio, c’est un jeu d’acteur dans le jeu d’acteur, sommé de disparaître derrière le truand qu’il incarne, qui lui-même disparaît derrière ses identités successives. Il parvient allègrement à tromper tout le monde jusqu’à l’orchestrateur de sa traque, Carl Hanratty (Tom Hanks), enquêteur déterminé et très old school qui le suivra dans les quatre coins du globe. “Arrête-moi si tu peux”, l’intrigue est dans le titre, c’est donc ce jeu du chat et de la souris qui s’opère entre les plus hautes cellules d’investigation américaines et un ado espiègle en quête de sensations fortes. Spielberg rassemble comme toujours les ingrédients nécessaires pour rendre le film stimulant et savoureux : une musique entêtante, des acteurs au jeu exaltant, de longs plans séquence et une mise en scène rodée pour cocher toutes les cases du long-métrage à suspense. Jusqu’au bout, il laisse planer le doute sur qui, de cette farce, sera le dindon.

Rédacteur: Khélian Yousfi