Réalisation: Oliver Stone

Acteurs principaux: Kevin Costner, Gary Oldman, Tommy Lee Jones

Le monde entier s’est figé devant ces images. Une femme en tailleur rose qui rampe sur le coffre de la Lincoln continental présidentielle pour rattraper des pans du crâne de son mari. Le 22 novembre 1963, le 35ème président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy meurt assassiné d’une balle dans la tête lors d’une visite officielle à Dallas, au Texas. Emoi mondial et début d’une longue malédiction. Oliver Stone commence par une chronologie linéaire des faits, de l’arrivée du convoi au milieu de la foule jusqu’à l’annonce du décès sur le petit écran. Très tôt des témoignages sont recueillis, des perquisitions sont menées. Très vite, un suspect émerge. Trop vite peut-être. Lee Harvey Oswald, un marxiste léniniste de vingt-quatre ans, au premier chef sur le banc des accusés. De sa Louisiane où il suit religieusement l’affaire, Jim Garrison, procureur de la Nouvelle Orléans, émet de sérieux doutes sur les travaux de la commission Warren, en charge des investigations. Car des zones d’ombre, des documents manquants, des incohérences jalonnent les rapports. L’enquête intrigue, trouble puis obsède Jim au point de mettre entre parenthèses sa vie de famille. Les trois heures et demie que dure ‘JFK’ s’attachent à mettre en lumière cette reconstitution minutieuse, nourrie de off, d’indiscrétions émanant des institutions, et d’un travail de recherche méticuleux qui occupa Garrison de 1963 à 1969. Rien ou presque n’est dissimulé des conclusions tirées, des pistes suivies, des images glaçantes de l’événement, décortiquées seconde par seconde. En permettant la divulgation d’éléments jusqu’alors confidentiels à sa sortie, c’est à un devoir de vérité auquel ‘JFK’ semble avoir voulu répondre. Oliver Stone réussit son pari avec huit nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film. Réalisé trente ans après les faits, le cinéma anglo-saxon se devait un jour ou l’autre de boucler la boucle en produisant “Le” film qui porterait le deuil dont l’Amérique ne semble pas s’être encore remise.

Rédacteur: Khélian Yousfi