Réalisation: Phyllida Lloyd

Acteurs principaux: Meryl Streep, Jim Boradbent, Olivia Colman

Meryl Streep, affublée de prothèses diverses, s’est fait la tête de Margaret Thatcher. L’imitation, de la perruque à la dentition, jusque dans le phrasé, est parfaite. Pour ce biopic, la réalisatrice Phyllida Lloyd a occulté le bilan politique plus que contrasté de l’ex-Première ministre britannique pour privilégier la dimension icarienne et compassionnelle. Le film s’attache surtout à montrer l’ascension d’une femme dans un milieu d’hommes, à prouver que l’on peut être fille d’épiciers et décrocher un diplôme à Oxford. Tourné deux ans avant la mort de la Dame de fer, le film opère des allers-retours entre la jeunesse passée dans l’Angleterre rurale, disciplinée, travailleuse, les mandats au 10 Downing Street, sans concession, toujours entourés d’hommes, et la Thatcher de 2011, affaiblie, impotente, suppliciée d’un Alzheimer prégnant et incurable. Meryl Streep n’a pas usurpé le troisième Oscar qu’elle a obtenu pour cette interprétation magistrale et juste d’un  personnage fort, obstiné et implacable. Avec ce rôle, l’actrice retrouve quelque peu la puissance iconique de son incarnation de Miranda Priestly dans ‘Le diable s’habille en Prada’ : celle d’une femme aux commandes, qui ne se laisse bousculer par personne. D’un caractère de plomb, de fer, qui cache, peut-être, un cœur d’or.

Rédacteur : Khélian Yousfi