Réalisation : Robert Zemeckis

Acteurs principaux : Tom Hanks

Il voulait sans cesse gagner du temps. Il va en obtenir jusqu’à ne plus savoir qu’en faire. L’histoire d’un homme isolé sur une île déserte après avoir survécu à un accident de transport, les classiques de la littérature la connaissent par cœur. Robert Zemeckis, en fait un film haletant, porté par le jeu de Tom Hanks, alias Chuck Noland. On saluera chez lui autant la performance que la transformation physique bluffante (moins vingt-deux kilos entre la première et la deuxième partie du film). Alors qu’il se trouve à bord du Boeing Fedex reliant Memphis à Papeete, Chuck Noland, homme d’affaires pressé, toujours montre en main, échappe à la mort que lui aurait causé le crash du vol FX346, au beau milieu de l’océan Pacifique. Commence dès lors une rude et longue attente des secours sur l’île qui lui servira de refuge pendant quatre ans. Le paysage paradisiaque n’est que la toile de fond d’une lutte sempiternelle pour la survie, usant des stratagèmes les moins attendus. Construire, par exemple, un radeau de fortune avec des bobines de cassettes en guise de cordages. Ou une cabane en tôle décimée pour en faire sa voile. On notera toutefois quelques entorses à la crédibilité de la mise en scène, que ce soit par le réalisme douteux de la perruque de Tom Hanks, ou la découverte (trop belle pour être vraie) de technologies encore en état de marche après le crash. Ce retour à la condition primitive de l’homme n’en reste pas moins une formidable leçon anthropologique, par sa mise en lumière de besoins élémentaires : se nourrir. D’aliments, de relations. Non loin de la formule d’Aristote, l’attention ubuesque de Noland portée à Wilson, son ballon de volley devenu compagnon de route, assignent l’homme à sa place d’animal, certes, mais d’animal social avant tout.

Rédacteur : Khélian Yousfi