Réalisation: Mike Nichols

Acteurs principaux: Meryl Streep, Shirley MacLaine

Dans la sempiternelle quête de la gloire, deux camps se font concurrence à Hollywood : ceux qui réussissent et parviennent à attirer fans et paillettes. Et les autres, dans l’ombre des premiers, qui tentent tant bien que mal de faire reconnaître leur singularité. En vain. C’est de cette deuxième catégorie que Meryl Streep tient son personnage, Suzanne Vale, comédienne essorée dont le talent s’étiole à mesure que les rôles s’enchaînent. Difficile de parvenir à émerger quand sa mère, toujours bien apprêtée, nombriliste, a connu la lumière et est devenue une icône de son genre. ‘Bons baisers d’Hollywood’ met l’accent sur cette difficulté à percer dans un milieu qui, plus que tout autre, est sujet aux vanités, aux jalousies et aux excès. C’est par l’immixtion dans la vie intime de ces stars sous les feux des projecteurs que le film tire sa sève. La frivolité apparente laisse place aux effusions, aux règlements de compte mais aussi à la complexité qu’une vie si exposée engendre. Trente ans après la sortie de cette mise en abyme des travers d’Hollywood, il est amusant de constater que celle choisie pour ce rôle de cabotin déboussolé, au talent discutable, n’est autre que l’actrice qui cumule le plus grand nombre de nominations dans l’histoire des Oscars. Vingt-et-une au total, dont celle pour ce rôle. Mais cette année-là, c’est Kathy Bates (Misery) qui, à juste titre, lui vola la vedette !

Rédacteur : Khélian Yousfi