Réalisation: Ron Howard

Acteurs principaux: Michael Sheen, Frank Langella, Sam Rockwell, Matthew Macfadyen

17 juin 1972 : Des cambrioleurs sont interpellés au QG du Parti démocrate à Washington. Révélation de la retentissante affaire du Watergate. Scandale d’Etat. Le président Nixon acculé à la démission. David Frost, présentateur vedette de talk-show britannique, enjoué et farceur, a l’idée de sa vie. Pour relancer son audience, il propose une interview de semi-repentance au 37ème président démissionnaire. Moyen de redorer l’image ternie de l’un, d’asseoir la notoriété de l’autre. Mais lorsqu’un comique du showbiz veut s’essayer à l’exercice de l’interview politique, le cocktail risque d’être explosif. D’où les réticences de l’équipe de Frost, à rebours de l’assentiment de Nixon, infatigable bête politique prête à revenir dans l’action. De l’accord passé entre les deux hommes concluant à une minimisation de l’affaire dans l’interview (pas plus de 25% du temps d’antenne), il ne restera que de brèves questions sur Nixon l’homme, Nixon l’Américain.
Moqué et critiqué au départ car “pas fait pour le job”, Frost, d’ordinaire candide et bienveillant, offre ici un tout autre visage. Le présentateur montre les dents, assène des questions incisives et pertinentes. Résultat de cette opération politico-médiatique ultra-rodée : carton d’audience, buzz médiatique planétaire et des sorties maladroites qui n’aboutiront qu’à entériner la fin de carrière de Nixon. Au-delà d’une reconstitution des arcanes de l’entrevue, le film soulève justement la sempiternelle question des relations entre hommes de médias et de pouvoir. Car les ingérences, les pressions, les tentatives d’arrangement et d’interruption de l’interview par les spin doctor de Nixon vont bon train. A la question “faut-il séparer l’homme du politique – l’homme du journaliste – au profit d’une communication télévisuelle gagnant-gagnant ? ‘Frost/Nixon, l’heure de vérité’ nous livre sa réponse. Sans équivoque.

Rédacteur : Khélian Yousfi